L'antique jeu de balle mexicain

mardi 19 juillet 2011
Partager cet article

Le jeu antique de balle mexicain, « juego de pelota » est très original et suscite toujours beaucoup de spéculations surtout concernant les règles qui le gouvernent. Aujourd'hui, plusieurs sites archéologiques témoignent de l'existence du jeu de balle mexicain, il s'agit des sites tels qu'El Tajin, Chichén-Itzá, Monte Alban, etc. Chez les Mayas Toltèques, le jeu antique portait la merveilleuse appellation de « Pok-ta-Pok », une onomatopée dont le nom est porté par un parcours de Golf à Cancun, très célèbre car se trouvant sur des ruines Mayas. La signification du « Pok-ta-Pok » est à la fois sacrificielle, cosmique et rituelle. Elle est également comparée voire associée à certaines contradictions de la vie (soleil-lune, naissance-décès), à la course du monde et aux mythes de création.

Description du jeu antique

Le terrain sur lequel se joue le « Pok-ta-Pok » est appelé «Tachtli ». Ce dernier est représenté par l'Univers et la balle le soleil. Les dates arrêtées pour les jeux sont fixées par rapport à un calendrier astronomique. En d'autres termes, le calendrier maya servait de support aux prêtres et astronomes mayas pour fixer la date des échéances des jeux de balle. Ce choix n'était pas fortuit car c'était un moyen pour les Mayas de satisfaire et d'implorer les dieux et par la même occasion de faire des sacrifices humains. Sur le terrain, le caractère imposant de l'architecture et de la sculpture est très important de part et d'autre. Le décor était dominé par des sculptures en pierres partout, sur le sol et sur les murs. Certaines pierres sculptées tenues par un tenon peuvent se détacher et tomber. Telle est la description de ce terrain de jeu antique de balle Maya, le «Tachtli ». Etant donné que le jeu antique symbolisait le combat à mort incarnant la troisième création du monde selon la civilisation maya, le sol représente la Terre, donc point de séparation entre le monde inférieur et le monde humain.

Origines

Pour illustrer la forte présence de cette considération sacrificielle, rituelle et cosmique, il faut voir la disposition des outils composants le jeu antique. En effet, la balle ou «Kik» était en caoutchouc et pour pouvoir marquer des points, il fallait faire rentrer cette balle dans l'un des  deux anneaux de pierres. Très immenses, environ 5 mètres de hauteur, ces anneaux étaient bien en vue sur les deux côtés des murs du terrain de jeu. Donc, le but du jeu est de mettre en compétition deux équipes de sept joueurs chacune. Le challenge c'est de faire passer une balle de 10 à 12 cm de diamètre, en caoutchouc dans l'un des anneaux de pierre sur le mur de l'adversaire ou de faire rebondir celle-ci sur le camp adverse. Par ailleurs, en plus d'être un jeu d'élite, les enjeux étaient énormes.  Il s'agissait de la vie, représentant la dualité entre par exemple les ténèbres qui ne sont rien d'autres que l'inframonde Maya incarné ici par le sous sol même du terrain de jeu de balle. Mais en principe, le recrutement de joueurs était plus fréquent chez les prisonniers que chez les seigneurs bien que la participation et le sacrifice fussent un privilège bien convoité. Le jeu s'arrêtait lorsque la balle arrivait à traverser l'anneau et les dieux désignaient les vainqueurs. Le paradoxe c'est que les vainqueurs désignés n'étaient pas forcément ceux qui avaient gagné le jeu de balle et le fait d'être sacrifié constituait un privilège.

Dans le fabuleux récit épique du Popul Vuh, un épisode illustre et explique très bien le déroulement du « Pok-ta-Pok » dans la mythologie Maya. L'épisode revient sur comment se sont déroulées la création et la résurrection des principaux acteurs de la mythologie Maya. Cette dernière décrivait un monde inférieur maya terrifiant dominé par les dieux de la mort et des démons. C'étaient les seigneurs Vucub Came et Hun Came qui régnaient en maîtres dans cet inframonde ou Xibalbá. Le destin des jumeaux Xbalanque et Hun Hunahpu était de combattre et de vaincre les seigneurs de Xibalbá qui les avaient défiés. Ce défi était né car les frères Xbalanque et Hun Hunahpu ont dérangé les seigneurs du mal en faisant  beaucoup de bruit pendant leur jeu sur le lieu de résidence de ces derniers. Le défi constituait en un concours dans lequel les jumeaux vaincus ont été enterrés sous le terrain du jeu. Hun Hunahpu, l'un des frères jumeaux voit sa tête pendue sur à un  arbre dont les fruits en calebasse étaient en forme humaine. L'arbre, très étrange attira l'attention de la déesse Xquic qui se déplaça pour vérifier par elle-même. Leur rencontre donna naissance à nouveau à des jumeaux Hunahpu et Xbalanque ou Héros Jumeaux. Cela est rendu possible parce que sur la main de la déesse, la tête de Hun Hunahpu cracha le fécond qui a permis à cette dernière d'enfanter. Les jumeaux héros héritèrent des talents de joueurs de balle de leurs ancêtres et père. Cependant, ils furent également vaincus, broyés et jetés dans une rivière. Le récit épique précise que les jumeaux renaîtront réincarnés sous diverses formes.

Stratagème des Jumeaux héros

Après leur réincarnation, les frères jumeaux reviennent à Xibalbá et mettent à exécution une ingénieuse ruse pour vaincre les seigneurs du mal Vucub Came et Hun Came. Alors, pour détourner l'attention de ces derniers, les jumeaux héros jouèrent plusieurs tours plus sarcastiques les uns des autres. Dans ces numéros, Xbalanque redonnait la première forme à son frère Hunaphu après l'avoir plusieurs fois décapité. Epatés par l'exploit des frères jumeaux, les seigneurs du mal réclamèrent des jumeaux qu'ils fassent pareil en leur égard. Acceptant la requête des dieux du mal, les jumeaux les démembrèrent en entier. Pour porter le coup fatal, les jumeaux héros refusèrent de réincarner les dieux du mal piégés. Ainsi ils sont définitivement vaincus le mal et les jumeaux Xbalanque  et Hunaphu triomphent finalement de ces forces des ténèbres. C'est sous la forme de Lune et de Soleil que les jumeaux héros s'élevèrent dans le ciel Maya en émergeant du souterrain de Xibalbá.

site archéologique, Golf à Cancun, jeu antique, jeu de balle, Mayas, pok ta pok