Résumé de l'histoire du Sénégal

vendredi 23 septembre 2011
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Peuplement et migrations des anciens royaumes aux régions

Il faut noter que le peuplement du Sénégal résulte de migrations et de transformations historiques considérables.

Une présence ancienne

La découverte de quelques sites paléolithiques sur la Falémé, le Fleuve et dans la presqu'île du Cap-Vert et du néolithiques montre que le Sénégal a connu une occupation humaine ancienne.

Une répartition équilibrée

Cinq principales zones ont été identifiées lors des fouilles archéologiques au cours des dernières décennies durant la protohistoire. Il s'agit entre autres des zones des mégalithes, des tumulus de sable, des amas coquilliers, de vestiges divers au sud et vers l'est et de villages abandonnés près de la vallée du Sénégal.

La mise en place de la population actuelle

Plusieurs facteurs ont favorisé la mise en place des populations actuelles. L'histoire du Sénégal montre qu'elle s'est effectuée en grande partie grâce aux facteurs écologiques mais également grâce à la constitution de nouvelles unités humaines et la mise en place de communautés familiales villageoises et de structures étatiques.

L'impact de la traite sur le peuplement

La modification des équilibres provoquée par la traite atlantique et le peuplement caractérisé par une lente concentration dans le centre ouest marquent un tournant important dans l'histoire de la migration de peuples au Sénégal.

L'impact de la colonisation

Des mouvements importants sont notés du nord vers le sud et l'est provoquant l'expansion du bassin arachidier après 1890 marquant les dynamiques migratoires coloniales pendant la colonisation. L'histoire du Sénégal révèle que d'autres causes sont aussi liées à ce flux migratoire et il s'agit de causes religieuses, économiques et d'ordre sanitaires et de subsistance.

Une dynamique récente de développement urbain

Les nouveaux facteurs de développement tels que la forte natalité maintenue et la mortalité diminuée favorisent la croissance démographique. Il faut noter cependant que cette population est très mal répartie avec une forte concentration à Dakar et une faible densité dans d'autres régions telles que Tambacounda. Néanmoins, des centres  villes secondaires se créent de plus en plus notamment à Touba.

Les anciennes unités politiques sénégambiennes

Les principaux groupes humains composant la Sénégambie actuelle sont le résultat d'un brassage ethnique issu de migrations d'unités sociopolitiques, notamment le Gaabu, le Fuuta et le Jolof. La Sénégambie a eu comme principales alliés parmi les grandes formations  politiques de l'Afrique Occidentale le Mali et le Ghana.

Le Mali et le Ghana

Le Ghana et le Mali constituaient avec la Sénégambie d'importants axes commerciaux favorisant le commerce interafricain et transsaharien. Ainsi, céréales, sel, tissus, métaux, or, ?étaient les principaux produits échangés dans les centres connus des Arabo-Berbères, notamment Giaru,  Galembu, Sylla,  Iresni, et Tekrur. L'expansion du Mali vers l'ouest est alors justifiée par la fréquentation de plus en plus importante des négociants africains dans les pays plus au sud et particulièrement aux abords de la Gambie. Le Sénégal fut également un point stratégique pour la pénétration de l'islam en Afrique par le royaume riverain du Tekrur, premier d'ailleurs à embrasser l'islam en Afrique noire.

Le Jolof

C'est à partir de l'affaiblissement de l'empire du Mali que sera fondé le Jolof, une fondation attribuée à Njajan Njaay vers le XIVème siècle. C'est le début de l'affirmation de la puissance du groupe wolof fortement métissé permettant ainsi au Jolof d'étendre ses tentacules sur les régions orientales et occidentales. Le Jolof convoite même les royaumes  de la confédération manding du Mali voire ceux au nord de la Gambie. Retenez donc que le Jolof avait une mainmise sur Tooro, Waalo, Bawol,  Kajooor, Siin, Saalum,?mais également sur Badibu Niomi, Wuli, Niani, qui font partie de la confédération manding. Cependant, à la date de la sécession du Kajoor en 1549, Jolof est démembré par Amari Ngoone Sobel Faal. Après la mort de ce dernier, le Bawol et le Kajoor connurent des relations instables, tantôt unis, tantôt séparés mais restent quand même sous la direction de la famille Faal.

Le Fouta

Avec le déclin du Jolof et grâce à la conquête denyanke du Fuuta, la dynastie gelwar au Saalum est instaurée vers 1500. Les Tonjon, Jaa-Ogo, Taga, Manna, et Termes furent les cinq dynasties ayant régné au Fouta avant Koli Tengela. Avant l'instauration de l'Almamiat et la révolution toroodo d'abdul Qadyr en 1776, vingt-huit souverains ou Satigi ont régné au Fouta. Crise, stabilité, conflits de succession constituèrent les principaux évènements de l'histoire du Sénégal du XVIème au XVIIème siècle, après le transfert à Goumel de la résidence des rois. Mais, les Maures, les rivalités internes et le renforcement de l'opposition à l'islam favorisent la décadence de la dynastie.

Le Gaabou

Il s'agit d'une grande province de l'empire du Mali dont l'unification est attribuée à Tiramakan Trawoore supprimant ainsi l'occupation des Baïnunk d'antan. Commandé par la  dynastie matrilinéaire des Nyanthio, avec un roi issu obligatoirement des familles paternelles Maane et Saane, le Gaabu resta une grande fédération vassale du Mali jusqu'à sa disparition. Néanmoins en 1867 la chute du Gaabou et de kansala est entraînée par l'opposition peul ayant comme conséquence la fuite des Gelwaar de Badiar à Koular. Au XIVème siècle, le Siin est conquis par Maysa Waali Joon Maanne. A la fin du XVème siècle, le Saalum avec Mbegaan Nduur est soumis par une seconde branche de Gelwar localisée près de Jilor à Petj.

Le Sénégal au XIXe siècle

Les possessions françaises en Sénégambie

Après le départ des Anglais vers 1816, les possessions françaises en Sénégambie se résumaient en quelques étendues réduites et dispersées. Il s'agissait notamment des îles fortifiées de Gorée et de Saint-Louis et de certaines factoreries ou de petits comptoirs en échange avec les populations de Portudal, de Rufisque, d'Albréda, de Joal, etc. Une nouvelle forme de commerce nait éradiquant le trafic humain bien que jusqu'en 1851 le système de la « Compagnie de Galam » résistait. Pour ouvrir la voie au contrôle réel du pays, à partir de la Gambie des missions d'exploration sont lancées dans la première moitié du XIXème siècle. Après une tentative du gouverneur Protet bien après 1850, l'élargissement de l'influence française ne sera carrément effectif qu'avec Faidherbe qui esquisse en même temps l'envahissement du Niger. Que cela soit par annexion ou par protectorat, l'influence française dans les différents royaumes était principalement régie par une administration guidée en tenant des points stratégiques de gestion. D'ailleurs, c'est à partir de ce mode d'administration qu'est créé le premier bataillon des Tirailleurs Sénégalais en 1857 et que des annexions successives favorisent la progression de l'influence française. Les principales régions annexées étaient la région du Delta en 1855, la Petite-Côte en 1859,  la Grande-Côte, le Diander en 1861, la  région de Rufisque en 1862 et  le Kayor central en 1865. Trois faits majeurs ont marqué l'histoire du Sénégal à cette époque. L'unification de la zone littorale  du Saloum au Sénégal marquée par des séries de signatures avec les chefs locaux, des traités de Protectorat... Ensuite la construction d'un fort en 1857 après la décision du débarquement à Dakar. Enfin, l'unité dans le Sénégal, la transformation du commerce avec la propagation de l'arachide et la suprématie française dans les principaux axes de pénétration ont été les principaux actes de Faidherbe lorsqu'il quittait le pays.

Le ralentissement de la pénétration

Cette nouvelle donne survint après 1870 causée principalement par des querelles intestines hostiles à la sécurité du commerce malgré l'existence de traités de protectorat dans certains Etats tel que le Fuuta. Par ailleurs, les frontières de la Gambie sont tracées pour la première fois avec le décret du 10 août 1889 à Paris. Cependant, du fait de l'inexactitude du tracé, des commissions mixtes ont été envoyées jusqu'en 1904 pour répondre aux revendications des villages frontaliers ou des souverains locaux pour la précision de ces nouvelles frontières. Quant à la pénétration en Casamance, elle s'est avérée très difficile étant donné que des sociétés égalitaires sans chefferies existaient en Basse Casamance et plusieurs ethnies bien structurées se sont implantées en Haute et en Moyenne Casamance. A part la cession de Ziguinchor des portugais à la France le 12 mai 1886 avec fixation de la frontière méridionale de la Casamance, il a fallu attendre le début du XXème siècle pour voir la « pacification » entre la France et cette région être enfin effective. La progression fut très lente dans le massif du Fuuta mais le contrôle de la région fut possible grâce aux postes militaires de Satadugu et de Kusalan. Quelques mouvements  de révolte sont notés après le passage de Mamadou Lamine à la Haute-Gambie. C'est notamment entre autres l'insurrection des Coniagi en 1903, l'affaire de Tabadian opposant Bayaga le marabout sarakholé à l'administration coloniale en 1908. Par conséquent, un quart de siècle était passé pour que le travail d'unification entamé par Faidherbe soit réalisé avec l'aboutissement de la mise en place de la fédération d'Afrique occidentale Française. Ainsi, l'époque des anciens royaumes cède la place aux administrations coloniales grâce à l'unité imposée par la France facilitée par les techniques modernes (le télégraphe, le chemin de fer, le service des postes, ?).

Les principaux résistants à la conquête coloniale

La figure de proue parmi les résistants face à la conquête coloniale fut El Hadj Omar Taal qui a réussi à former  un vaste empire hors du Sénégal que son fils Ahmadou tenta de sauvegarder pendant 25 ans. Au nord de la Gambie, Maba Jaxu Ba représente Omar au Sénégal. Sur les deux rives de la Gambie, c'est  Fode Kaba Dumbuya qui porte la résistance casamançaise et la préservation du pays fut la principale prérogative de Lat Dior Diop et d'Alburi Njaay. Le combat contre la colonisation fut rude également avec des rapports entre les nouvelles chefferies et pouvoir colonial très complexes à cause de la prolifération de mouvements confrériques musulmans. C'est dans cette opposition que par deux fois, les puissances coloniales ont fait exiler le chef de file du mouridisme Ahmadou Bamba Mbakke. Pendant près d'un siècle également l'opposition contre les colonisateurs était assurée par les résistances villageoises à savoir celles joola et balant avec leurs figures emblématiques telles que Jinabo de Séléki, le roi des Flup Sihalebe, Fode Kaba et Alin Sitoe Jaata. Notez que les résistances dans la région casamançaise se poursuivront jusqu'au cours du XXème siècle.

Le Sénégal à la période de l'AOF

C'est une étape  bien marquée de l'histoire du Sénégal en ce sens que le pays connaît l'une de ses plus intenses vies politiques avec les grands hommes tels que le premier député et ministre sénégalais Blaise Diagne, Mamadou Dia, Léopold Sedar Senghor et Lamine Gueye. Rappelons qu'après la création de l'Afrique occidentale française en 1895, Saint-Louis en constitue la première capitale pendant une courte période avant de devenir celle du Sénégal et de la Mauritanie jusqu'aux indépendances de 1960. Entre temps Dakar avait été prise comme capital de L'AOF depuis 1902. C'est à cette période également que le Sénégal a connu un développement fulgurant dans la culture arachidière. Cette dernière était devenue la matière de base de fabrication de plusieurs produits qu'exportaient à profit les colonisateurs français. Dès la seconde moitié du XIXème siècle, le Sénégal était devenu le principal pourvoyeur de la France pour ce produit qui servit de matière première pour la fabrication de lubrifiant fin, d'aliment de bétail, d'huile de table, du fameux savon de Marseille, etc. L'arachide était devenue ainsi le pivot de l'économie en prenant la place du coton qui devint de plus en plus exploité sous forme de tissus manufacturés, après s'y ajoute la commercialisation du riz. Cette nouvelle donne permit l'émancipation des paysans qui ont le privilège de gérer librement leur production, vente et achats appuyant l'abandon du troc au profit d'un échange moyennant un prix avec la monnaie française. Grâce au réseau de points de traite mis en place par l'administration coloniale, les exportations d'arachides sont passées de 25 000 tonnes en 1887 à 141 000 en 1900, 230 000 en 1913, 480 000 en 1926, 587 000 en 1939, 571 000 en 1951, et 892 000 en 1960. Après les conséquences de la deuxième guerre mondiale sur l'économie et le déploiement du Fonds d' Investissement et de Développement économique et social pour y remédier, le trafic du port de Dakar passe de 1,3 millions à 4 millions et les mines et la pêche industrielle apparaissent comme de nouveaux secteurs très porteurs.

Le Sénégal indépendant

Après être devenu République le 15 novembre 1958, c'est sous la direction du Président de 1960 à 1980, Léopold Sedar Senghor que le Sénégal a accédé à l'indépendance le 20 août 1960. Le pluralisme instaurant le multipartisme canalisé et contrôlé  a été libéralisé pour la première fois par le Président Senghor. Le multipartisme ne fut véritablement plus large que pendant la direction d'Abdou Diouf comme chef d'Etat de 1981 à 2000. La confédération sénégambienne ne durera que jusqu'en 1989 après être créée en 1981. Un des plus grands tournants de l'histoire politique du Sénégal fut l'avènement de l'alternance démocratique avec l'accession au pouvoir du Président Abdoulaye Wade en mars 2000. Trois modifications furent opérées dans la Constitution du 7 mars 1963 : le 22 février 1970, le  21 septembre 1991 ainsi qu'en 1992. En 1962, le système parlementaire  d'alors cède sa place au système présidentiel avec en 1970 la nomination d'un premier ministre, poste d'ailleurs qui en 1983 avait été supprimé mais rétabli en 1991. La toute nouvelle Constitution valable à nos jours avait été promulguée en 2001 par voie référendaire et un Conseil de la République a été installé en 2004. Le fonctionnement de l'Etat est modifié par des initiatives en matière de décentralisation dont le projet phare avait été annoncé en 2000 pour le transfert de la capitale dans le but de désengorger Dakar et toute la presqu'île du Cap Vert.

Quelques dates importantes à retenir

19 mars 2000

Elections présidentielles remportées par Maître Abdoulaye Wade avec 58,49% des voix au deuxième tour, résultats proclamés le 25 mars par le Conseil constitutionnel et une prestation de serment le 1er Avril.

2001

Pour la première fois au Sénégal, une femme est élue au poste de Premier Minitre en remplacement de M. Moustapha Niasse et il s'agissait de Mme Mame Madior Boye. 89 sièges sur 120 sont obtenus par la Coalition « Sopi » (Changement en Wolof) lors des élections législatives de 2001. A la même année également nous quittait le premier Président de la République du Sénégal, Léopold Sedar Senghor à Verson en France.

2003

M. idrissa Seck est nommé Premier Ministre.

2004

M. Macky Sall est nommé Premier Ministre.

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