L’hôtel le plus ancien encore en activité aujourd’hui

Oubliez les records d’audience, les chiffres d’affaires vertigineux ou les éphémères succès à la mode. Ici, il s’agit d’endurance pure : plus de 1 300 ans d’activité, sans jamais baisser le rideau. Certaines familles japonaises défient la fragilité du temps en s’appuyant sur une tradition de transmission stricte et sur la stabilité de leur environnement. Le Nishiyama Onsen Keiunkan, fondé en 705, s’impose comme le doyen incontesté de l’hôtellerie mondiale.

Pas une seule fermeture, qu’il s’agisse de guerre ou de catastrophe naturelle, n’a pu interrompre l’histoire de cet établissement. Cette continuité, aussi rare que précieuse, s’explique par des règles de gestion immuables, héritées du passé, et une capacité à épouser chaque nouvelle époque sans jamais perdre son identité.

Pourquoi l’histoire des hôtels anciens continue de captiver

Si les hôtels anciens fascinent, ce n’est pas seulement à cause de leur patrimoine ou de leur longévité. Ces lieux sont traversés par des histoires singulières, des générations entières, et parfois le passage de grands noms. Un hôtel comme le Nishiyama Onsen Keiunkan ne se contente pas d’accumuler les siècles ; il incarne l’héritage hôtelier jusque dans ses fondations. Chaque pierre, chaque salon, porte la marque de ceux qui ont vécu, veillé, parfois décidé de l’avenir du monde entre ses murs.

Le phénomène s’étend bien au-delà du Japon. En Europe, la Cour du Corbeau à Strasbourg, chef-d’œuvre Renaissance, et le Zum Roten Bären à Fribourg, l’aîné des hôtels allemands, en disent long sur la force de ce patrimoine. Certains établissements, nés hôpitaux royaux comme l’Hostal dos Reis Católicos en Galice, montrent combien l’hôtellerie sait s’adapter et s’enrichir, tout en contribuant au rayonnement du patrimoine mondial.

L’attrait de ces hôtels ne repose pas uniquement sur leur façade ou leur âge. Passer une nuit là où séjournèrent Frédéric Chopin, Coco Chanel ou Winston Churchill donne à l’expérience une densité hors du commun. À Paris, l’Hôtel Chopin, ouvert sans interruption depuis le XIXe siècle, ou le Ritz Paris, pionnier du genre palace, séduisent les voyageurs en quête d’authenticité et d’histoire vivante.

Voici ce qui explique la singularité de ces lieux d’exception :

  • Patrimoine préservé et transmis de génération en génération
  • Métamorphoses successives : d’hôpital à palace, de pension modeste à monument international
  • Présence et souvenirs de personnalités influentes, du monde des arts ou de la politique

À Paris, Lyon ou Strasbourg, les hôtels classés offrent des expériences où le passé demeure palpable, où chaque séjour devient une incursion directe dans l’histoire vivante de la ville.

Quel est l’hôtel le plus ancien encore en activité dans le monde ?

Dans la préfecture de Yamanashi, à Hayakawa, le Nishiyama Onsen Keiunkan détient une place unique dans l’histoire hôtelière mondiale. Depuis l’an 705, ce ryokan japonais accueille sans relâche voyageurs, samouraïs, dignitaires, générations après générations. Le Guinness World Records l’a reconnu comme l’hôtel le plus ancien encore en activité, un record qui s’explique par la gestion familiale continue sur plus de cinquante générations.

L’esprit du lieu est resté fidèle à la tradition. Pierres volcaniques, charpentes en bois, sources thermales naturelles : tout concourt à préserver l’âme originelle. Le bain onsen, alimenté par la même source depuis plus de 1 300 ans, reste le cœur battant de l’hôtel. Certains hôtes, descendants de seigneurs d’autrefois, reviennent chaque année : la fidélité se transmet, comme l’adresse elle-même.

Le Japon abrite un autre vétéran remarquable : le Hoshi Ryokan, ouvert en 718 sur l’île d’Honshu. Lui aussi figure dans le Guinness, parmi les entreprises familiales les plus anciennes du monde. Ici, la continuité familiale et la préservation du bâtiment d’origine comptent autant que le nombre d’années au compteur.

Pour donner une idée plus précise de ces champions de l’endurance, voici deux noms qui dominent le classement :

  • Nishiyama Onsen Keiunkan : fondé en 705 au Japon, toujours géré par la même famille depuis plus de 50 générations
  • Hoshi Ryokan : ouvert en 718 au Japon, entouré d’un jardin de 400 ans

Escaliers en pierre menant à l

Secrets, traditions et anecdotes : ce qui distingue ces établissements historiques

Au-delà de leur longévité, ce qui fait la force des hôtels historiques, ce sont les histoires, les secrets jalousement transmis et les événements marquants. Au Nishiyama Onsen Keiunkan, la même lignée veille depuis plus de treize siècles. Les archives familiales évoquent la venue de grands noms comme Tokugawa Ieyasu ou Takeda Shingen. L’hôtel a su surmonter séismes, incendies, et même déménager à trois reprises, sans jamais cesser d’accueillir.

En Europe, chaque adresse a son propre parcours. Le Hostal dos Reis Católicos, aujourd’hui parador, fut jadis hôpital royal pour les pèlerins de Compostelle. À Strasbourg, l’Hôtel Cour du Corbeau offre un ensemble Renaissance unique, témoin d’une époque où l’hospitalité se vivait comme un art. Quant au The Olde Bell Hotel en Angleterre, il a accueilli des figures comme Churchill ou Eisenhower, tout en servant de refuge aux visiteurs du prieuré voisin.

L’Hôtel Chopin à Paris intrigue par sa constance : jamais fermé depuis son ouverture, il cultive la rumeur d’avoir hébergé Chopin et George Sand. Le Ritz Paris, adresse mythique, a vu défiler Coco Chanel, Hemingway, des têtes couronnées, et imposé une nouvelle idée du luxe. Le Hôtel Royal, lui, s’est transformé en hôpital militaire lors de la Première Guerre mondiale, démontrant la capacité de ces maisons à évoluer avec leur temps.

Voici les traits qui distinguent ces établissements d’exception :

  • Gestion familiale qui traverse les siècles (Nishiyama Onsen Keiunkan)
  • Changements d’usage majeurs au fil des époques (Hostal dos Reis Católicos, Hôtel Royal)
  • Hôtes célèbres et anecdotes historiques qui forgent la légende (The Olde Bell Hotel, Ritz Paris)

Ces hôtels ne sont pas de simples témoins du passé : ils prolongent la mémoire vivante d’une époque, et rappellent, à chaque visiteur, que l’histoire se construit aussi une clé à la main.

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