Un billet acheté hors Russie vous coûte parfois 30 % de plus que celui acheté sur place. Cette différence de prix, rarement évoquée dans les guides, s’ajoute à la valse des tarifs du Transsibérien : chaque jour, les prix bougent, dictés par la demande, la disponibilité et les pics de fréquentation. Les agences internationales appliquent souvent leurs propres surcoûts, alors que les billets électroniques, aujourd’hui répandus, permettent d’éviter la majoration des intermédiaires.
Le Transsibérien : un voyage mythique entre histoire, itinéraires et expériences
Le chemin de fer transsibérien incarne à lui seul la grandeur russe et les promesses d’aventure ferroviaire. Relier Moscou à Vladivostok sur 9 200 kilomètres, traverser l’immensité de la Russie d’ouest en est, franchir l’Oural, suivre la steppe sibérienne, longer le lac Baïkal : chaque arrêt dévoile une facette de l’histoire et des paysages de l’Eurasie. En chemin, impossible d’ignorer les noms de Novossibirsk, Irkoutsk, Oulan-Oudé ou la frontière mongole, car le Transsibérien déploie plusieurs itinéraires.
- L’axe Moscou Vladivostok : la version classique, directe, qui traverse sept fuseaux horaires et relie la capitale à l’extrême-orient russe.
- Moscou Pékin via la Mongolie : plus aventureuse, cette route vous emmène par Oulan-Bator et la steppe mongole, avec un détour impressionnant par la Mongolie.
- Moscou Pékin via la Mandchourie : le transmandchourien, quant à lui, file droit vers la Chine sans passer par la Mongolie.
Pour beaucoup, Irkoutsk est l’étape incontournable, passage obligé vers le lac Baïkal. Oulan-Oudé séduit les passionnés de culture bouriate. Les variantes d’itinéraire ne manquent pas : Moscou Oulan-Bator, Irkoutsk Oulan-Bator, Oulan-Bator Pékin. Le trajet choisi modèle l’aventure, entre défilement de paysages, rencontres dans les wagons et haltes prolongées dans les villes étapes. Certains voyageurs soucieux d’histoire optent pour une escale à Saint-Pétersbourg ou poussent la route jusqu’à Paris, renouant avec les grandes traversées continentales.
Combien coûte réellement le Transsibérien ? Décryptage des prix, des classes et des options
Le prix du Transsibérien se détermine selon plusieurs paramètres. Le type de train, la classe retenue et la période de voyage sont les trois piliers à considérer. Les trains réguliers russes relient Moscou à Vladivostok ou Pékin. En troisième classe (platskart), le confort est sommaire : tout le monde partage un grand dortoir ouvert, sans compartiments fermés. Pour un Moscou-Vladivostok, le tarif démarre autour de 250 euros en dehors des périodes de forte affluence. La deuxième classe (kupe) attire celles et ceux qui recherchent un bon équilibre entre prix et espace : les compartiments de quatre couchettes permettent de voyager plus calmement ; comptez généralement entre 350 et 500 euros pour l’ensemble du trajet, selon la saison et l’anticipation de la réservation.
La première classe (SV) propose un compartiment pour deux voyageurs, ambiance feutrée et rideaux tirés. Pour Moscou-Vladivostok, il faut prévoir plus de 700 euros. Changement de décor avec les trains de luxe, comme le ‘Golden Eagle’ : services premium, wagon-restaurant soigné, excursions organisées… Ici, la note grimpe entre 7 000 et 15 000 euros, pour une clientèle internationale en quête d’un confort sans concession.
Plusieurs éléments ajustent le coût final : nombre de nuits passées à bord, ajout de nuits d’hôtel à Moscou ou Irkoutsk, restauration à bord, ou encore l’achat de billets fractionnés pour multiplier les escales. Les voyageurs les plus expérimentés jonglent avec ces options pour adapter leur budget à leurs envies et à leur itinéraire.
Choisir son trajet et réserver ses billets : conseils pratiques pour planifier votre aventure
Choisir son trajet sur le Transsibérien relève presque d’un art. Certains optent pour la diagonale Moscou-Vladivostok, d’autres préfèrent bifurquer vers la Mongolie ou la Chine via Oulan-Bator et Pékin, pour une expérience radicalement différente. Faire halte à Irkoutsk (pour le lac Baïkal), à Oulan-Oudé ou à Oulan-Bator, c’est ralentir le rythme et découvrir une Russie ou une Asie intérieure loin des clichés.
La réservation des billets réclame anticipation et méthode. L’ouverture des ventes pour les trains réguliers russes se fait 60 à 90 jours avant le départ. Les plateformes russes officielles ou certaines agences spécialisées permettent de tout réserver à distance. Les billets électroniques sont à privilégier pour éviter les files d’attente et gagner en tranquillité. Fractionner son parcours,par exemple, un Moscou-Irkoutsk, puis un Irkoutsk-Oulan-Bator,s’avère souvent plus avantageux, tout en offrant la possibilité de s’arrêter où l’envie vous prend.
Avant de vous lancer, prenez connaissance des démarches obligatoires :
- Visa russe : la procédure reste stricte, avec une invitation officielle à présenter.
- Visa mongol et chinois : chaque pays exige une demande distincte, parfois des délais conséquents, et le passage de la frontière peut s’avérer long.
La préparation du périple inclut aussi la réservation de nuits d’hôtel lors des escales, notamment à Moscou, Irkoutsk ou Oulan-Bator. Certains voyageurs intègrent un détour par Saint-Pétersbourg ou amorcent leur voyage depuis Paris. Un conseil : comparez soigneusement les horaires, les classes et les correspondances pour façonner un voyage qui vous ressemble, entre découverte, confort et goût de la liberté.
Au bout des rails, la steppe s’étire à l’infini, et chaque voyageur, du wagon populaire au train de luxe, emporte un morceau de Transsibérien dans sa mémoire. Le prix, lui, s’oublie vite devant la démesure du trajet.


